Les photos aériennes de Kacper Kowalski

Aerial-13-640x426
Kacper Kowalski
Aerial-14-640x425
Kacper Kowalski
Kacper Kowalski
Kacper Kowalski
NAS2_AL
Kacper Kowalski
Aerial-5
Kacper Kowalski

Aerial-6

On ne comprend pas immédiatement les photographies du polonais Kacper Kowalski. Pour certaines, on ne les comprend pas du tout. Quel est l’effet voulu d’une représentation « par le haut » ? Pourquoi mettre une telle distance avec l’objet photographié ? Quel est cet objet ? En fait, le travail de Kowalski est à la limite du figuratif. On pourrait confondre certaines de ses photographies avec une représentation abstraite. Tel est le cas des trois premières, que l’on peut confondre avec une peinture ou une cartographie. Il est amusant de noter que le photographe était d’abord architecte : il photographie des formes géométriques, des courbes et des lignes, familiers au métier d’architecte, mais il s’intéresse aussi à notre habitat naturel, la Terre.

Peut-être que le message est avant tout esthétique : il s’agit de montrer des choses belles, une nature en surplomb, la Terre telle qu’on ne peut pas la connaître dans l’expérience de tous les jours. Il y a une insistance sur les formes, les lignes, les contours, les frontières, les contrastes de couleur, pour ce qu’ils sont. Les photographies de Kowalski sont des tableaux qu’on pourrait comparer à ceux de Kandinsky. Le travail sur la distance brouille les/la carte(s) : l’environnement est méconnaissable. Le photographe fait ainsi naître un paradoxe : l’objet, que l’on devrait mieux appréhender avec de la distance, disparaît. Quelles sont ces traînées blanches sur la première photo ? Des nuages ? Des traînées de neige dans les creux des montagnes ? Et ce sillon jaune sur la deuxième ? Une forme de pollution ? Peut-être est-ce une façon de montrer que nous sommes menacés par plus grand que nous, que notre existence est mise en danger par des forces qui nous dépassent, dont la dimension nous échappe. Le changement de perspective (en surplomb) est aussi l’occasion de retrouver une poésie que nous ne saisissons pas au quotidien : ce lac bordé de pétales jaunes, au milieu d’arbres multicolores nous le rappelle. La quatrième photo est intrigante à cause du crucifix qui y apparaît. Le culturel refait surface au sein de la nature : l’Homme est passé par là, ce signe religieux non intentionnel doit être sa trace. Sur la cinquième photo, on reconnaît même les voitures lancées sur les routes, avatars de la civilisation. Mais est-ce de la glace sur les côtés de la route ? La nature est de nouveau mystérieuse. Enfin, sur la dernière photo, la distance et le point de vue surplombant ont pour effet de déshumaniser le groupe de skieur. On ne voit pas de visage (à part un homme en rouge, en haut à droite, qui casse presque le grégarisme de l’ensemble avec son coup d’œil à peine perceptible), et tous se suivent : si cet étrange arc de cercle de paires de skis n’attirait pas l’attention, on pourrait se moquer de ce troupeau rentrant à l’étable).

Comme le rappelle Barthes dans La chambre claire, la photographie a à voir avec la chimie (c’est la réaction chimique qui fixe l’image). Ici, on a un retour aux sources : c’est la Terre et ses composantes naturelles qui sont l’objet. La terre, l’eau, la glace, la boue… forment un panel de formes géométriques, de couleurs qui suggère la diversité du vivant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s